« Nous courrons vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle » (Ph 3,14)
Ce dimanche, l’Évangile nous montre Jésus refusant de condamner une femme prise
en flagrant délit de péché. Ce n’est évidemment pas pour nous encourager à faire le
mal, mais c’est pour nous aider à comprendre comment nous nous situons par rapport
au mal.
Que fait Jésus, sommé par les scribes et les pharisiens d’approuver leur accusation
et leur punition à l’égard de cette femme ? Il va retourner le miroir. Au lieu de fixer la
lumière sur la femme coupable, il déplace légèrement le miroir et porte la lumière sur
ceux qui l’accusent, pour nous aider à comprendre que ce n’est pas le fait de désigner
un coupable qui fait disparaitre le mal ; que ce qui fait avancer le monde, ce n’est pas
de trouver le plus de coupables, mais les événements qui arrivent doivent nous faire
réfléchir sur notre propre rapport au mal, sur notre propre manière de vivre, sur notre
propre péché.
L’Évangile n’est pas un système pour trouver des coupables. L’Évangile vient nous
aider à faire retour sur nous, même quand nous sommes devant des gens qui sont
réellement coupables. Si nous voulons changer les autres, changer le monde, nous
devons commencer par nous changer nous-mêmes.
L’Évangile s’achève par la parole de Jésus : « Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va et ne pèche plus. » Ce qui signifie que cette femme n’était pas innocente. Jésus
ne dit pas qu’elle a bien fait de vivre l’adultère. Il l’invite à vivre autrement. Il ne
l’enferme pas dans sa faute.
Ce qui nous est dit ici, c’est que nous ne sommes pas enfermés dans le passé de nos
vies, et dans le mal commis. C’est ce que dit le prophète Isaïe : « Dieu est en train de
créer quelque chose de neuf dans nos vies ».
Ce Dieu qui fait toutes choses nouvelles dans nos vies est notre Espérance !
Père Renaud
